06 février 2009
On n’a pas attendu qu’il soit mort pour l’oublier
100 millions d’euros, c’est ce que l’Etat (nous) allons perdre à cause d’une négligence, celle d’un employé du Fisc, celle d’un fonctionnaire.
De la roupie de sansonnet en regard de la vie d’un homme. C’est quand même bon de se dire que le(la) négligent(e) ne sera pas traduit en correctionnelle pour si peu alors que des aides-soignantes (Au bas de l’échelle barémique) devront répondre d’une négligence similaire devant les juges parce que cette négligence-ci a conduit à la mort d’une personne âgée, grabataire et sans famille proche.
Pour les 100 millions « oubliés » par les recettes de la TVA, c’est la presse nationale qui nous l’apprend. Pour Léon Camphyn, étouffé par sa ceinture de contention dans une maison de repos dépendant du CPAS de La Louvière, c’est en la 7ème chambre correctionnelle du tribunal de Mons que les faits ont fait débat.
Ce n’est pas moi c’est l’autre
Qui a oublié de coucher Léon ? Pourquoi la porte, habituellement entr’ouverte, était-elle fermée ce soir-là ? Ce sont les deux questions dont les réponses devraient servir à déterminer d’éventuelles culpabilités. Interrogées pendant deux heures, les trois aides-soignantes du Home Laetare, à La Louvière, n’en menaient pas large, en proie, sans doute à un remord que les questions distillées sur le ton du reproche par la Présidente Nicole Galand rendaient plus glacial encore.
Ce 17 mars 2006, Léon remonte de la salle commune vers 17H. Il est installé dans sa chaise à l’aide d’une ceinture censée lui éviter de chuter, lui qui connaît de sévères troubles de l’équilibre. Léon parle peu, regarde la télé dans la pénombre mais est instable sur sa chaise.
Quelqu’un aurait dû le mettre au lit et ne l’a pas fait.
On n’ira peut-être pas chercher le coupable dans cette affaire mais les coupables.
Les travailleuses en contact direct, tout d’abord, qui remplissaient la feuille des mises au lit la veille et dont l’une a certainement failli.
Mais vient ensuite la directrice du Home. Madame M. Est directrice depuis pas longtemps lorsque survient l’affaire Léon Camphyn. Elle a la réputation d’être très concernée par le bien-être des résidents. Elle a pris immédiatement la décision de licencier les trois aides-soignantes après cette faute grave. Elle n’était pas au courant des pratiques pour la feuille des mises au lit. Elle s’est dite scandalisée et lorsqu’elle a été informée du décès accidentel survenu à Léon, elle a donné des instructions à la police pour faire constater le décès et a demandé à son personnel de mettre le défunt dans une position digne. Les aides-soignantes ont, alors, vêtu le vieillard de son pyjama et, vraisemblablement, ont voulu faire croire à sa mise au lit avant le décès pour ne pas endosser la responsabilité de la négligence.
Enfin, au-dessus de ces personnes salariées, il y a le Bourgmestre de La Louvière, Jacques Gobert, qui était, à l’époque, Président du CPAS et qui, donc, assume la responsabilité politique des négligences de l’institution qu’il préside. Il n’avait pas connaissance d’un éventuel manque de personnel. Aucun signal dans ce sens ne lui était parvenu et les normes dictées par l’autorité de tutelle étaient respectées.
Un réquisitoire culpabilisant pour toute la société
Dans son réquisitoire, la Procureure générale, Madame Houstier, a évoqué des erreurs dans le choix des ceintures de contentions, de la légèreté dans la décision d’en doter le défunt, elle a pointé du doigt l’une des aides-soignantes qui a, manifestement agi avec désinvolture, elle a reconnu qu’on devrait établir un lien entre la mort et les négligences avant de se prononcer mais au-delà, elle a accusé, de façon collégiale, les prévenus d’avoir contribué à un système imparfait et peu scrupuleux de la vie d’une personne âgée.
Bien sûr, ce réquisitoire sera réfuté par les avocats des prévenus mais la Présidente et la Procureure générale semblaient sur la même longueur d’ondes pour faire justice à un homme que personne ne viendra défendre et, cela, parce qu’il n’a plus de famille.
Les deux magistrates perçoivent bien qu’il sera difficile de condamner car chacun peut se retrancher derrière des arguments et rejeter la faute sur l’autre mais elles ont tonné, grondé, fulminé à l’encontre d’une société déshumanisée.
Personne ne sortira grandi de cette affaire mais, quelque part, Léon Canphym doit avoir obtenu, de manière posthume, une petite réparation et c’est bien la seule chose qu’il y aura à retenir quelle que soit le verdict final dans une affaire d’homicide par négligence.
G.Dewier
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30 juillet 2007
Edmond Taquet nous a quittés!
Salut l'Artiste. 
C’est une figure des plus populaires qui s’est éteinte ce dimanche 29 juillet. Edmond Taquet est décédé à l’âge de 72 ans. Il a animé le Cercle Excelsior pendant de nombreuses années. Partiellement paralysé depuis un accident cérébral, en 2001, Edmond Taquet n’était plus monté sur scène mais son activité culturelle, d’homme de théâtre, de président des « Scriveus du Cente » et de défenseur de la langue wallonne est encore souvent évoquée.
Il laisse, en effet, une carrière impressionnante derrière lui. Edmond Taquet formait un duo créatif avec sa compagne Jacqueline Boîte. Ensemble, ils ont monté des pièces de théâtre dans tous les registres. Leur série télévisée « Berdeladje » a connu un réel succès : « C’est vrai qu’on m’accoste souvent dans la vie quotidienne pour me parler de l’émission et puis, je lui dois ma carrière d’auteur, d’écrivain. Il m’a donné confiance en moi »
Edmond Taquet militait pour la défense de la langue wallonne, notamment au sein des « Scriveus du Cente » dont il a assumé la Présidence jusqu’en 2001. Il avait succédé à Robert Herremans, le beau-père de l’actuel Président Christian Quinet : « Edmond a mené une guerre de mouvement et non pas une guerre de position pour la défense du parler régional. Il était convaincu et il a convaincu les Scriveus du Cente d’être plus présents dans le monde culturel »
Les funérailles auront lieu ce mercredi à 13H45 au départ du funérarium Donato à La Louvière. Edmond Taquet sera, ensuite, conduit au cimetière du Roeulx.
Guy Dewier
16:25 Publié dans Décès | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Edmond Taquet, décès, berdeladje, Excelsior, théâtre
20 juillet 2007
Décès de Pol Boël
La nouvelle a surpris dans la région du Centre. Pol Boël est décédé ce vendredi 20 juillet d'une crise cardiaque alors qu'il était en séjour à la côte belge. Sénateur de 1985 à 1995, puis conseiller communal de 2000 à 2006, le Comte Pol Boël était surtout l'héritier de la fortune du sidérurgiste Gustave Boël.
Il a fait ses études à Yale aux Etats-Unis avant d'assumer pendant de longues années la délégation de l'administration de plusieurs sociétés sidérurgiques comme l'Usine de La Louvière, la Fabrique de fer de Maubeuge et celle de Charleroi.
La famille Boël qui a géré l'entreprise de façon paternaliste pendant plus d'un siècle, avait déjà cédé la moitié du capital au sidérurgiste hollandais Hoogovens en 1997 avant de se retirer complètement en 1999 laissant une situation de Faillite. C'est le groupe italo-suisse Duferco qui a repris l'activité depuis cette date. En 1993, l'Usine avait été à l'arrêt pendant 73 jours pour un des conflits sociaux les plus importants de la région.
La fortune des Boël a déjà fait couler beaucoup d'encre. Il faut dire que la famille qui a réalisé de nombreux mariages d'affaires, notamment avec les familles Solvay et Janssens, a, dès le début du siècle, orienté ses avoirs dans la finance.
L'homme, qui habitait encore à Houdeng, dans son château de la rue Wavrin, avait une véritable passion pour le libéralisme économique et la vie politique. A 83 ans, il avait assisté à son dernier conseil communal à La Louvière. Il laissera le souvenir de quelqu'un de profondément libéral.
Guy Dewier
15:45 Publié dans Faits | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : décès, Comte, Pol, Boël


