23 avril 2009

Le chaud et le froid sur l'avenir de Royal Boch

Qu’y a-t-il de sérieux dans les déclarations de Patrick Demayer et des dirigeants syndicaux dans le dossier de Royal Boch. Bien sûr, on postulera de la sincérité des intentions tant on a envie de croire à cette reprise en mains du reliquat d’activité industrielle faïencière.
Mais les communiqués de presse, les interviews et l’annonce d’actions syndicales sèment le trouble dans l’esprit des travailleurs.
Ce mercredi, le candidat investisseur bruxellois a déposé une offre de rachat sur le bureau des curateurs et il s’est bien trouvé des personnalités politiques pour faire de cette offre un espoir. Mais juste à côté, d’autres personnalités se sont montrées nettement plus prudentes.
Une offre sans plus. La négociation devra encore avoir lieu avec la Région Wallonne, la ville de La Louvière et, surtout, les curateurs, Maître Descamps et Delbart.
Crier victoire et revendiquer son analyse comme étant la bonne relèverait d’un manque de considération pour les travailleurs qui ont eu, dernièrement, à subir des brimades en provenance des permanents syndicaux.
Comme je l’écrivais par ailleurs, ils sont à cran et les tracasseries autour de la caisse d’entraide n’aident pas à la détermination du combat pour le maintien de leur entreprise en activité.

De son côté, Michel Durant, le patron providentiel de Durobor, affirme avoir échoué dans sa tentative de convaincre des financiers pourtant costauds. Il a donc étudié toutes les possibilités et son constat est inquiétant. « Comment De Mevius a-t-il continué à renflouer cette usine, sans la moderniser et en actant des pertes depuis plus de cinq ans ? » se demande le bras droit de Michel Durant.

Une hypothèse serait de penser qu’il avait tout misé sur le commercial et spéculé sur l’abandon total de la production louviéroise, délocalisée en Thaïlande, grâce au subterfuge imaginé par Marc Pairon, directeur financier et qui consistait à apposer le cachet « Belgium » sur les pièces et non le « made in Belgium » qui les aurait mis hors-la-loi pour la production de pièces non produites en Belgique.

Mais c’est une hypothèse et, seuls, les chiffres comptent pour le maintien de l’activité.
Aujourd’hui, il est clair que la ville de La Louvière aura son mot à dire et le projet de rénovation urbaine pourrait bien peser sur les décisions des futurs investisseurs car Wilhems &co, l’opérateur du projet de nouveau quartier a des ambitions foncières sur le terrain et la ville s’est engagée à piloter les subsides européens. On imagine mal qu’elle se dédise de ses engagements pour satisfaire un investisseur qui, à 51% du capital de la future éventuelle société, resterait maître du foncier pendant au moins deux années.

Guy Dewier