08 décembre 2007

"Inconnu à cette adresse"

Théâtre

« Inconnu à cette adresse », le roman de Kressmann Taylor, paru en 1938 sous forme d’échange de correspondance entre deux amis, un américain et un allemand qui sombre dans le fascisme, ce roman vient d’être porté sur scène par une petite troupe de théâtre amateur.
L’aventure du Théâtre de l’Illusoire prend forme autour du projet de deux comédiens aux parcours différents.
  Leur création sera visible du 14 au 16 décembre, au Palace, à La Louvière. Elle donne à réfléchir. Peu banal.

bf30ed9ad7221133ed0a2c051366d4fb.jpgAlain Duriau, animateur du Centre Public Social de La Louvière , actif dans la réinsertion, s’est longtemps amusé dans diverses aventures de petit théâtre amateur. Il a mis en scène des créations collectives autour de personnes en parcours de réinsertion.
Fort de son expérience humaine et de scène, il s’est dernièrement embarqué dans une commande pour les comités blancs. Cela avait donné « L’un de vous ne dit pas la vérité »

Lorsqu’il a découvert ou redécouvert le roman de Catherine Kressmann Taylor, il a eu l’idée de réunir à nouveau les comédiens amateurs avec lesquels il avait travaillé. L’effet de la lecture de cet ouvrage paru en 1938 et réédité en 2000 est immédiat.
La réflexion n’a pas perdu une ride. Elle apparaît simplement sous un éclairage historique et sans ambiguïté qui ne laisse aujourd’hui plus aucune place à la fiction.

L’histoire qui se déroule en 1932 est celle de deux amis actifs dans le commerce de tableaux aux Etats-Unis. Martin, l’allemand et Max, l’américain, vont correspondre lorsque le premier rentre dans son pays à l’aube de la montée du fascisme.  Celui qui est d’abord l’ami américain devient bientôt pour l’autre l’ennemi juif. L’allemand tombe dans l’antisémitisme, et demande à son correspondant de cesser de lui écrire. Le ton est d’abord tranchant, sans appel, puis on y sent les accents de la peur, de l’angoisse, puis de la pitié.

Le roman épistolaire de cette femme écrivain qui prend un pseudonyme masculin a connu deux succès, l’un partiel à sa sortie, interdit en Allemagne évidemment, l’autre mondial lors de sa réédition en 2000.3d45dc003da731bdccd007b249931cec.jpg

Le Théâtre de l’Illusoire s’est donc essayé à la traduction scénique de cet éminent texte. Patrick Sluys y a retrouvé l’inspiration. Son talent de comédien n’a rien perdu au fil des ans. On se souvient qu’il a joué des œuvres classiques et fait partie de troupes prestigieuses. Il soutient fortement le rôle de Max aux côtés d’Alain Duriau qui tente de nous convaincre d’une certaine lâcheté coupable.

Guy Dewier

Extrait

Les commentaires sont fermés.