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07 décembre 2007
L'idée d'un passionné de bateaux
Centre
Le mouvement social qui perturbe en ce moment l’exploitation touristique du canal du Centre et de ses ascenseurs a attiré l’attention du public sur une activité qui semble aujourd’hui aller de soi, à savoir, l’exploitation touristique de ces joyaux d’archéologie industrielle. Si chacun s’accorde sur la pertinence de cette valorisation touristique, les avis ont souvent divergé sur l’opérateur touristique et sur les objectifs et moyens à mettre en œuvre.
Tout a commencé en 1977 alors même que personne ne semblait faire grand cas du devenir des ascenseurs.
Tout est parti de l’imagination d’un professeur d’anglais de l’école Normale de Braine-le-Comte. Jean-Pierre Gaillez était passionné d’archéologie industrielle, de canaux et de batellerie.
Dans les années 70, il découvre l’ascenseur d’Anderton qu’il visite avec ses étudiants.
La similitude avec les ascenseurs de La Louvière est telle qu’il jette des ponts entre les deux régions et finit par créer une petite compagnie du Canal du Centre en 1977.
Grâce à la garantie de la commune du Roeulx, l’ASBL obtient des subsides et occupe la modeste maison éclusière de Thieu.
Têtu, passionné, illuminé, travailleur et visionnaire, Jean-Pierre Gaillez fait tellement de bruit autour de ces ascenseurs qu’il finit par obtenir des collaborations avec le MET pour l’utilisation à des fins de promotion des ascenseurs à bateaux dont le principe de fonctionnement étonne encore plus d’un siècle après leur construction.
Parallèlement à l’animation en langue, son autre passion, il mène la barque de son association au gré des animations les plus farfelues et originales. Son idée est simple, relier l’histoire des ascenseurs anglais, canadiens, français et wallons.
Entretemps, l’ASBL émigre à Bracquegnies, puis découvre les bâtiments abandonnés de la cantine des Italiens et finit par s’y installer avec l’accord de la famille Boël, propriétaire des lieux.
Le musée de l’immigration d’après-guerre est déjà dans l’air. Il faudra trouver des aides publiques mais la quête ne fait pas peur à Jean-Pierre Gaillez. Il secoue tous les budgets pour cela et pour faire l’acquisition de plusieurs péniches, des ancêtres de la batellerie comme des sabots, des baquets, une loco de traction, bref, il poursuit aussi l’idée d’un musée de la batellerie.
La sauvegarde du patrimoine est son seul objectif. Il néglige sans doute l’aspect commercial et touristique si bien que ses derniers projets d’auberge de jeunesse ne verront pas le jour. Les difficultés financières apparaissent au jour alors même que le dossier de reconnaissance des ascenseurs hydrauliques reçoit la reconnaissance de l’UNESCO.
Un an plus tard, en 1999, à l’issue d’un important conflit social, la Province se pose en sauveur du patrimoine industriel et tente de redresser l’équilibre financier de l’activité.
Aujourd’hui, la passion a fait place à la gestion touristique mais les temps sont encore difficiles pour l’épanouissement d’un projet tel que celui-là.
G.Dw.
14:45 Publié dans Tourisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Jean-Pierre Gaillez, ascenseurs, canal, Province



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